Je pense que cet article est très attendu... Et pour cause, il s'agit du grand retour en Australie, et peut être du troisième grand chapitre de ce blog.
Au moment où j'écris ces lignes, il me tarde de vous reparler de ce pays magique qu'est l'Australie, pays où j'avais débarqué le 1er août dernier, sans trop savoir ce qui m'y attendait ! Débarquer en plein Northern Territory avait été, à ce moment-là, une réelle découverte. Mais je pense qu'après 4 mois de vadrouille en Asie, c'est avec un regard nouvellement curieux que je suis arrivé avec Sophie à l'aéroport de Gold Coast, le 2 mars.
Mais je reviens tout d'abord un peu en arrière, en Thaïlande plus précisément, où nous avons pris un avion dans le magnifique aéroport Suvarnabhumi pour Kuala Lumpur, notre escale avant Gold Coast. A Kuala Lumpur, en descendant de l'avion, il pleuvait. Trois mois plus tôt nous avions sauté dans un bus à Kuala Lumpur pour fuir la pluie, et voilà qu'on la retrouvait... A l'appel du vol Gold Coast, on a passé la porte d'embarquement avec un petit pincement dans le coeur. Regret de quitter l'Asie, et excitation à l'idée de continuer les aventures au pays d'Oz pour moi (pour Sophie, c'était une grande première).
L'aéroport de Gold Coast - Coolangatta se situe tout à l'est du pays. Nous avions décidé d'atterrir là-bas, car j'avais un piston pour travailler dans les mandarines à Gayndah non loin de Brisbane, par l'intermédiaire de Nico et Bomi (un couple super que j'avais rencontré dans le packing des mangues à Humpty Doo, et avec qui j'avais passé quelques jours à Bali, voir l'article: Indonésie: Bali et Lombok. Première partie: Bali )
Les billets Air Asia étant moins cher pour Gold Coast que pour Brisbane, voilà comment on est arrivé là.
Le vol de nuit s'est bien passé, et finalement, peu après le lever du jour, nous survolions la côte australienne...
Arrivés à Gold Coast, fatigués par le décalage horaire et la nuit dans l'avion, et apeurés par les 17 dollars qu'on a du dépenser pour un simple petit déj (4 fois plus cher qu'une nuit d'hôtel pour deux à Siem Reap...), on a mis tout de suite le cap sur Byron Bay, destination que nous avait conseillée une australienne rencontrée en Thaïlande.
La petite carte traditionnelle de notre itinéraire :-)
Byron Bay
C'est une navette individuelle et super propre (brutale transition après les vans surchargés d'Asie) qui nous a déposés, un peu hagards et déboussolés au beau milieu de Byron Bay. Vite, on a cherché un backpacker pour poser les valises et prendre une douche. A ce moment là, le plan que j'avais pour travailler dans les mandarines était toujours hypothétique. Normalement, il y avait de la place dans la ferme où avait travaillé Nico l'année dernière pour le début des mandarines, prévu fin mars, donc un mois après. J'avais appelé Ken, le fermier, pour réserver nos places. Je savais juste que nos noms étaient notés quelque part, sur une liste. Mais à vrai dire, je n'y croyais pas trop en arrivant. L'expérience que j'avais des recherches de boulot en Australie était que tout se fait au jour le jour, et que rien n'est garanti (no worries, mate !).
J'étais donc un peu stressé quant à ce plan, et décidé à chercher du boulot en parallèle dès notre arrivée, pour le cas où ça tomberait à l'eau. Quand on a du débourser 60 dollars à deux pour une petite nuit en backpacker, ça nous a remis les idées en place: jusqu'à ce qu'un boulot soit confirmé, chaque dollar était compté !
Byron Bay est une ville de surfeurs et de bon temps. On croise des gens en maillot de bain et le surf sous le bras. Même s'il pleut un peu tous les jours en cette fin de saison humide, ça n'empêche pas la ville de garder son atmosphère cool et "beautiful people". J'imagine que ça doit un peu ressembler à la côte californienne, les "beach boys" version 21 ème siècle ! Ambiance agréable donc, mais pas vraiment de boulot là-bas, la ville est petite et les backpackers sont là pour les vacances, pas pour travailler. Objectif Brisbane donc, à 165 km pour se rapprocher de Gayndah et être mobile au cas où on trouverait du boulot et commencer tout de suite. Mais le temps de trouver un transport, nous avons profité de l'ambiance de Byron Bay...
Et maintenant place aux photos.
Sur la plage de Byron Bay, des oeuvres d'art en... sable !
La plage et ses surfeurs:
Juste à côté de Byron Bay se trouve un petit cap qui a la particularité d'être le point le plus à l'est de l'Australie. En haut de ce cap, il y a un phare depuis 1901, dont le faisceau est aujourd'hui visible jusqu'à 27 milles nautiques, soit environ 50 km ! C'est le plus puissant d'Australie.
En arrivant au phare, on se croirait presque dans le Finistère :
Les rochers battus par les vagues donnent également un petit côté Bretagne...
Par contre, cet étrange animal rencontré sur le chemin (un "water dragon", une des nombreuses variétés de varan qu'on trouve en Australie) remet tout de suite les idées en place. On n'est pas en Bretagne !!
Sympa, non? Celui-là faisait bien 50 cm de longueur.
Ce qui est bien en Australie, c'est que le pays est si peu peulé que la faune y est omniprésente. C'est vraiment marquant: dès qu'on met un pied dehors, on tombe nez à nez avec les animaux les plus étranges qu'on puisse imaginer. J'ai trouvé sur internet un article qui disait que 83% des mammifères, 89% des reptiles, 90% des poissons et des insectes et 93% des amphibiens d'Australie sont endémiques. L'Australie n'est pas un pays où il faut aller si on a peur des animaux... J'aurai l'occasion d'en parler dans mes prochains articles...
Mais revenons à nos moutons. La vue du phare est magnifique, dommage que le ciel se soit couvert :
Nous sommes rentrés à Byron Bay par la plage, où nous avons profité d'un coucher de soleil aux couleurs chaudes:
Brisbane
Comment aller de Byron Bay à Brisbane pour pas cher, quand fait des économies de bout de chandelles? Il suffit de se balader dans la rue et de dire à voix haute: "Comment on va faire pour aller à Brisbane?" Et là, un touriste français s'arrête, relève ses lunettes sur son crâne et dit... "Vous êtes français?"
La faune française présente sur le territoire australien n'est pas endémique, bien sûr, mais elle est aussi omniprésente ! C'est bien pratique, parfois :-)
Le lendemain matin, nous partions tous les trois dans la voiture de notre nouvel ami, destination Brisbane. On s'est arrêté dans un petit backpacker qui ne ressemblait pas du tout aux backpackers typiques qu'on trouve un peu partout en Australie. Situé un peu à l'écart du centre, sur les hauteurs du Brisbane résidentiel, l'endroit respire la tranquillité.
La vue sur la banlieue de Brisbane, depuis le balcon:
L'endroit possède un vrai cachet, qui le fait plus ressembler à une maison d'hôte qu'à un backpacker. Le quartier, construit à flanc de collines, avait un petit côté San Francisco :-)
On devait rester quelques temps à Brisbane au moins, le temps que Sophie fasse les formalités inévitables pour travailler en Australie: obtenir un "Tax File Number" et ouvrir un compte bancaire, ce qui ne nous a pas pris beaucoup de temps. A mon grand soulagement, on a eu Nico au téléphone qui nous a dit de venir rapidement à Gayndah et qu'on aurait de grandes chances pour travailler dans les citrons pour la fin de la saison. Quant au job dans les mandarines fin mars, il était assuré. On allait être 14 à picker dans la ferme, dont nous et Nico. Pour venir à Gayndah, il nous fallait trouver un autre lift jusqu'à Childers, où Nico et Bomi viendraient nous chercher. Plus besoin de se prendre la tête donc. On a posté des annonces de covoiturage sur internet et dans les backpackers de Brisbane. Cette fois-ci, on n'a pas eu la chance de tomber sur un français dans la rue, mais le temps d'attendre que les intéressés nous appellent, on a pu profiter du temps qu'on avait pour visiter Brisbane.
Brisbane est la capitale de l'état du Queensland (nord-est de l'Australie). C'est la troisième ville plus peuplée d'Australie, avec 2 millions d'habitants. On a trouvé que c'était une ville très agréable à vivre malgré sa taille. Les gens ne paraissent pas trop stressés, même dans le centre des affaires. La circulation n'est pas trop oppressante, le mélange des architectures modernes et anciennes est intéressant (ancienne en Australie, c'est à dire une centaine d'année). Les bords de la Brisbane river sont agréables pour marcher, courir, faire du vélo. Et il y a un magnifique jardin botanique.
Les buildings du centre ville:
Le mélange des architectures. Ca m'a un peu rappelé New York:
Les vieux immeubles côtoient les buildings modernes:
On ne doit pas voir le clocher de cette église de très loin !
Quelque part dans le centre, je suis tombé sur de vieux amis...
A qui j'ai présenté Sophie:
Le long de la Brisbane River est aménagé pour les piétons. Il y a un petit port de plaisance où l'on trouve quelques bateaux.
Un "steam boat" (bateau à vapeur), qui fait un peu penser à la Louisiane:
La vue de Brisbane est sympa:
En continuant le long de la rivière, on tombe sur le jardin botanique de Brisbane, un vrai condensé de nature en ville, très bien entretenu:
Cet arbre est un banian. Il a la particularité de faire des "racines aériennes" à partir de ses branches, qui viennent s'enraciner dès qu'elles touchent terre, ce qui permet à un seul arbre de se développer et de couvrir parfois plusieurs hectares !
Voilà la plus jolie ;-)
La vue sur la skyline de Brisbane:
Quand on se balade dans un parc à Paris, on voit des pigeons sur les pelouses. A Brisbane, ce sont des ibis. C'est d'une autre classe ;-)
Un kookaburra est posé sur une branche. Ce gros oiseau est mythique dans la culture aborigène, son chant ressemble à un rire rauque:
En quittant le parc à la tombée de la nuit, on a encore vu un gros "guana" (varan) derrière un banc:
De Brisbane à Gayndah
Nous sommes restés trois jours à Brisbane. Finalement, nous avons reçu une réponse à notre annonce, et un néo-zélandais qui remontait vers le nord pour le boulot nous a proposé de partager les frais jusqu'à Maryborough, où Nico est venu nous chercher. On est arrivé à Gayndah à la nuit tombée. Dans un premier temps, Nico nous a hébergé dans la maison qu'il loue en colocation avec d'autres backpackers. Ambiance festive garantie ! Darren, le proprio, habite dans la maison également, et n'est pas le dernier à trinquer. Sa maison est une institution et un lieu de passage ininterrompu d'amis venus pour se joindre à la bonne ambiance. Le soir de notre arrivée, on s'est retrouvé assis à la grande table, où on nous a servis un verre généreusement plein et une assiette fumante en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ! La première soirée à Gayndah était prometteuse :-)
La maison de Darren est la dernière de Gayndah. En ouvrant la porte de derrière, c'est la cambrousse. Le soir, les kangourous viennent jusque dans le jardin, à quelques mètres de la maison.
La vue depuis chez Darren:
Un visiteur de fin de journée ;-) ;-)
Nous sommes restés chez Darren pendant deux ou trois jours, le temps de trouver un logement (c'était déjà complet chez lui). La question a été vite réglée: alors qu'on en parlait un jour chez Darren, le charpentier qui était en train de faire des travaux dans la pièce d'à côté, un ami à lui, nous a dit qu'il avait une chambre libre dans sa maison, qu'il pouvait éventuellement nous louer. Le temps de la visiter, et que Ben (l'ami de Darren) nous confirme qu'on pouvait venir, on s'est installé là-bas ni une ni deux. Pour 80 dollars la semaine par personne, électricité comprise, dans une maison moderne et confortable, avec deux colocs australiens, c'est un super plan ! Je n'avais jamais payé moins de 150 dollars la semaine à Darwin, et en plus, pour un confort limité.
Je parlerai de cette nouvelle maison où on allait passer un petit bout de temps, ainsi que de notre recherche de boulot dans un prochain article. Pour terminer ici, voici quelques photos de Gayndah.
Gayndah, c'est pas bien grand... 1700 habitants, qui se connaissent tous ! Les fermes d'agrumes des alentours donnent du travail chaque année à une ribambelle de français et de coréens (les deux nationalités les plus présentes), ainsi qu'à des québécois et d'autres européens. Apparemment, les gens en entendent parler plus par bouche à oreille car Gayndah n'est pas la destination principale pour travailler dans les agrumes. Ce qui expliquent que l'on trouve autant de français et de coréens, puisque c'est eux qui répandent le bouche à oreille. En marchant en ville ou en allant faire les courses à la supérette, on entend autant parler l'anglais que le français ou le coréen.
La rue principale de Gayndah fait penser à une rue du far west américain. Toutes sortes de petites boutiques sans étage (du coiffeur au boucher, passant par le poissonnier, le magasin d'occasions, le bottleshop, le bar etc. ).
Voici un hôtel qui fait carrément western, en plein centre de Gayndah (si, si !)
Gayndah est la plus vieille ville du Queensland. Plus vieille que Brisbane, même. Apparemment, c'était un lieu de passage à la fin du siècle dernier, quand l'Angleterre envoyait encore ses forçats en Australie pour la coloniser...
Les boutiques, sur la rue principale:
Certaines maisons sont très belles, comme celle-là:
La Burnett River, qui traverse Gayndah:
Les points noirs qu'on voit dans les arbres de gauche sur la photo ci-dessus, sont en fait une colonie de "Flying Fox" (littéralement des "renards volants", qui sont en réalité d'énormes chauve-souris qui peuvent dépasser 1 mètre d'envergure). Quand on s'y approche, il y a un vrai tintamarre de cris... et une odeur très particulière... Voilà encore un animal bizarre...
De plus près:
Quelques jours plus tard, nous étions sans succès dans notre recherche de boulot. La ferme de citrons où travaillait Nico à ce moment leur a donné un week-end off. Un jour, on reçoit un texto au petit matin disant: "on a le week-end off, on part tous en road trip au Carnarvon National Parc. Départ à midi si ça vous dit de venir". On regarde vite fait sur la carte: le parc est à 550 km de Gayndah. A côté, à l'échelle de l'Australie, quoi !!
Le temps de rappeler Nico, on les a rejoint à midi pour une petite virée de fin de semaine de plus de 1000 km. C'est un peu comme si, en France, un parisien décidait le vendredi d'aller camper dans les Alpes et de revenir le dimanche. Normal, quoi !
Je vous raconterai ça dans le prochain article aussi !
A très bientôt !
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